Les 5 piliers du bien-être selon la psychologie positive : et si le bonheur s’apprenait ?
Les 5 piliers de la psychologie positive nous montrent que le bien-être ne dépend pas uniquement de ce qui nous arrive, mais aussi des ressources que nous développons chaque jour.
Avez-vous déjà remarqué que notre cerveau retient beaucoup plus facilement ce qui ne va pas que ce qui va bien ?
Vous passez une belle journée.
Vous partagez un bon moment avec votre famille.
Vous recevez un compliment.
Vous avancez sur un projet qui vous tient à cœur.
Vous prenez enfin un peu de temps pour vous.
Et puis, en fin de journée, une seule remarque désagréable suffit à prendre toute la place.
Comme si tous les bons moments de la journée avaient soudainement disparu.
Si cela vous arrive, rassurez-vous : vous êtes parfaitement normal.
Notre cerveau est ainsi fait.
Pendant des milliers d’années, notre survie dépendait de notre capacité à repérer les dangers avant tout le reste. Un bruit étrange dans les buissons, un animal menaçant ou un changement dans notre environnement pouvaient faire la différence entre la vie et la mort.
Notre cerveau a donc appris à être extrêmement vigilant.
Aujourd’hui, nous ne vivons plus dans une grotte en craignant un prédateur derrière chaque arbre.
En revanche, nous faisons face à d’autres formes de pression.
Le stress.
La charge mentale.
Les responsabilités professionnelles.
Les difficultés familiales.
Les soucis financiers.
Les informations en continu.
Les notifications qui rythment nos journées.
Petit à petit, notre cerveau reste en état d’alerte.
Et lorsque cet état devient permanent, nous finissons parfois par ne plus voir que ce qui ne va pas.
Ce fonctionnement porte même un nom : le biais de négativité.
Il explique pourquoi nous retenons plus facilement une critique que dix compliments.
Pourquoi nous passons parfois des heures à repenser à une remarque désagréable alors que nous oublions rapidement les encouragements reçus dans la journée.
Pourquoi une erreur peut nous faire oublier toutes nos réussites.
Ce n’est pas un défaut.
C’est simplement une façon qu’a notre cerveau de chercher à nous protéger.
La bonne nouvelle, c’est que notre cerveau est aussi capable d’apprendre tout au long de notre vie.
Et c’est précisément là que la psychologie positive prend tout son sens.
Une phrase qui m’accompagne encore aujourd’hui…
J’aimerais vous partager quelque chose de plus personnel.
J’ai grandi avec une maman atteinte de dépression chronique.
Elle voyait très souvent, ou presque toujours, le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein.
Dans son histoire, dans son éducation et dans sa manière de voir le monde, il fallait toujours rester prudent.
Ne pas trop espérer.
Ne pas trop se réjouir.
Comme si le bonheur pouvait disparaître d’un instant à l’autre.
Un jour, alors que nous échangions sur nos façons très différentes de voir la vie, elle m’a dit une phrase que je n’ai jamais oubliée.
« Je ne te comprends pas Cathy. Malgré tous les chocs que tu as vécus, tu restes toujours trop positive. Il faut que tu arrêtes… Moi, je m’attends toujours au pire. Comme ça, je ne suis pas déçue. Je suis préparée. »
Sur le moment, cette phrase m’a profondément marquée.
Je me souviens lui avoir répondu qu’en pensant toujours de cette manière, elle risquait de ne jamais laisser de place au positif.
À cette époque, je ne connaissais pas encore la psychologie positive.
Je n’avais pas encore étudié le fonctionnement du cerveau, les émotions ou les mécanismes psychologiques qui influencent notre manière de voir le monde.
Je répondais simplement avec mes convictions de l’époque.
Aujourd’hui, avec le recul, je comprends cette conversation d’une tout autre manière.
Je ne crois pas que ma maman cherchait à être négative.
Je pense qu’elle avait trouvé cette façon de penser pour se protéger.
En s’attendant systématiquement au pire, elle avait le sentiment de limiter les déceptions.
C’était probablement sa manière de garder un peu de contrôle face aux épreuves que la vie lui avait imposées.
Et finalement, je me rends compte que beaucoup d’entre nous fonctionnent ainsi.
Sans même nous en rendre compte.
Nous développons parfois des stratégies qui nous ont aidés à un moment de notre vie.
Puis, avec le temps, ces stratégies finissent par nous enfermer davantage qu’elles ne nous protègent.
Notre regard sur la vie ne tombe pas du ciel
Nous naissons tous avec un cerveau extraordinaire.
Mais notre manière de regarder le monde se construit progressivement.
Elle est influencée par notre famille.
Notre éducation.
Les phrases que nous entendons pendant l’enfance.
Nos expériences.
Nos réussites.
Nos blessures.
Peut-être avez-vous déjà entendu certaines phrases lorsque vous étiez enfant.
“Ne te réjouis pas trop vite.”
“On verra bien…”
“La vie est difficile.”
“Il faut toujours prévoir le pire.”
À force de les entendre, elles finissent parfois par devenir notre propre petite voix intérieure.
Sans même que nous nous en rendions compte.
Lorsque l’on grandit dans un environnement où les difficultés prennent plus de place que les réussites, où l’on apprend davantage à se protéger qu’à espérer, il devient parfois difficile de croire en ses propres ressources.
On finit par penser :
“Je ne vais jamais y arriver.”
“Ça va forcément mal se passer.”
“Je préfère ne pas me réjouir, sinon je serai déçu.”
Et sans le vouloir, ce regard finit peu à peu par influencer notre quotidien.
Je retrouve très souvent ce fonctionnement chez les personnes que j’accompagne.
Elles arrivent au cabinet persuadées qu’elles manquent de confiance.
Qu’elles ne sont pas assez fortes.
Qu’elles n’y arriveront jamais.
Et pourtant…
Au fil des séances, je découvre presque toujours autre chose.
Je découvre une personne courageuse qui ne voit plus son courage.
Une personne généreuse qui oublie tout ce qu’elle fait déjà pour les autres.
Une personne compétente qui ne regarde plus que ses erreurs.
Des ressources sont toujours présentes.
Elles sont simplement recouvertes par le stress, la fatigue, les épreuves ou la charge mentale.
Et c’est précisément ce que j’aime dans la psychologie positive.
Elle ne cherche pas à fabriquer une personne différente.
Elle aide chacun à retrouver ce qui est déjà là.
Alors… faut-il penser positif ?
Lorsque je parle de psychologie positive dans mes accompagnements, pendant mes ateliers ou même lors d’un repas de famille, une phrase revient presque à chaque fois.
« Ah… donc il faut penser positif ? »
Je souris toujours.
Parce que je comprends parfaitement cette réaction.
Les réseaux sociaux regorgent de phrases inspirantes.
“Souriez à la vie.”
“Tout est une question d’état d’esprit.”
“Il suffit de voir le bon côté des choses.”
Je vais être très honnête avec vous.
Si la psychologie positive consistait uniquement à répéter des phrases motivantes devant son miroir chaque matin, je ne l’utiliserais certainement pas dans ma pratique.
Parce que la vie est parfois injuste.
Parce qu’un burn-out ne disparaît pas avec une pensée positive.
Parce qu’un deuil ne s’efface pas grâce à une jolie citation.
Parce que les douleurs chroniques, l’anxiété ou la dépression ne disparaissent pas parce que l’on décide simplement de sourire.
La psychologie positive ne demande jamais de nier les difficultés.
Elle ne demande pas de faire semblant.
Elle ne nous invite pas à porter des lunettes roses.
Elle nous propose quelque chose de beaucoup plus profond.
Elle nous apprend à regarder nos difficultés… sans oublier les ressources que nous possédons déjà.
Et pour moi, c’est toute la différence.
Les 5 piliers du bien-être : une boussole pour avancer, pas une recette miracle
Si vous avez lu la première partie de cet article, vous avez compris une chose importante.
Notre cerveau est naturellement attiré par ce qui ne va pas.
Notre histoire, notre éducation et les épreuves que nous traversons influencent aussi notre manière de regarder le monde.
Alors une question se pose naturellement.
Est-il possible de changer notre façon de fonctionner ?
Je vais être honnête avec vous.
Je ne crois pas qu’il soit possible de tout changer.
Nous avons tous une personnalité, une histoire, des blessures, des sensibilités différentes.
En revanche, je suis profondément convaincue d’une chose.
Nous pouvons apprendre à développer certaines ressources qui nous aideront à traverser la vie avec davantage d’équilibre.
Et c’est exactement ce que propose la psychologie positive.
Pas une recette du bonheur.
Pas une méthode magique.
Mais une véritable boussole.
Lorsque Martin Seligman présente le modèle PERMA, il ne dit pas :
“Voici les cinq étapes pour être heureux.”
Il explique plutôt que plusieurs dimensions de notre vie participent à notre équilibre.
Lorsque l’une d’elles est fragilisée, ce n’est pas forcément grave.
En revanche, lorsque plusieurs commencent à s’effondrer en même temps, nous devenons naturellement plus vulnérables au stress, à l’épuisement ou au découragement.
J’aime beaucoup comparer cela à une table.
Imaginez une table avec cinq pieds.
Si un pied devient un peu fragile, elle tient encore debout.
Mais si deux, trois ou quatre pieds commencent à céder, elle devient instable.
Notre bien-être fonctionne exactement de la même manière.
Premier pilier : les émotions positives
Lorsque l’on parle d’émotions positives, beaucoup de personnes imaginent immédiatement qu’il faut être heureux du matin au soir.
Si seulement c’était aussi simple…
La réalité est tout autre.
Nous avons besoin de toutes nos émotions.
La peur nous protège.
La colère nous indique qu’une limite a été franchie.
La tristesse nous aide parfois à accepter une perte.
Je n’essaie jamais de faire disparaître ces émotions chez les personnes que j’accompagne.
Elles ont toutes leur utilité.
En revanche, je remarque une chose.
Lorsque quelqu’un traverse une période difficile, il ne voit souvent plus que cela.
Comme si son cerveau avait complètement oublié qu’il existait encore des moments agréables.
Je pose parfois une question très simple.
“Qu’est-ce qui vous a fait sourire cette semaine ?”
Et vous seriez surpris du nombre de personnes qui me répondent :
“Rien.”
Alors nous cherchons ensemble.
Et finalement…
Le sourire d’un petit-enfant.
Le chant des oiseaux en ouvrant les volets.
Le plaisir de boire un café tranquillement.
Une promenade avec le chien.
Un repas partagé.
Le soleil après plusieurs jours de pluie.
Ces petits moments existaient.
Ils étaient simplement passés inaperçus.
La psychologie positive ne nous demande pas de fabriquer du bonheur.
Elle nous invite à remarquer qu’il existe déjà, parfois dans des choses infiniment simples.
Depuis quelque temps, j’ai pris une habitude.
Chaque soir, avant de me coucher, je prends quelques instants pour repenser à ma journée.
Je ne cherche pas un événement extraordinaire.
Je cherche simplement trois petits moments agréables.
Parfois, c’est une discussion.
Parfois, une séance particulièrement touchante.
Parfois, un éclat de rire.
Cela ne change pas les difficultés de la journée.
Mais cela change la façon dont je la termine.
Et je peux vous assurer que cela fait une vraie différence.
Deuxième pilier : s’engager pleinement dans ce que l’on fait
Nous vivons dans une société où tout va vite.
Très vite.
Nous déjeunons devant notre ordinateur.
Nous répondons à un message tout en regardant nos enfants jouer.
Nous préparons le dîner en pensant déjà à la réunion du lendemain.
Nous sommes partout.
Sauf dans l’instant présent.
Et je m’inclus complètement là-dedans.
Je suis cheffe d’entreprise.
Je suis maman.
Je suis épouse.
Je suis formatrice.
Je suis réflexologue.
Je suis psychopraticienne.
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai parfois mille choses qui tournent dans ma tête.
Alors je fais moi aussi attention à retrouver régulièrement des activités qui me permettent de ralentir.
Des activités où je ne pense plus au reste.
Martin Seligman appelle cela l’engagement.
Le psychologue Mihály Csíkszentmihályi parle, lui, de l’état de flow.
C’est ce moment où nous sommes tellement absorbés par une activité que nous oublions complètement le temps qui passe.
Je suis certaine que cela vous est déjà arrivé.
Vous cuisinez.
Vous jardinez.
Vous dessinez.
Vous bricolez.
Vous marchez.
Vous lisez.
Vous créez quelque chose.
Et soudain…
Deux heures se sont écoulées sans que vous vous en rendiez compte.
Ces moments sont précieux.
Parce que notre cerveau cesse enfin de courir dans tous les sens.
Je pose souvent cette question.
“Qu’est-ce qui vous fait oublier le temps ?”
Et malheureusement, beaucoup de personnes me répondent :
“Je ne sais plus.”
Elles ont arrêté ces activités.
Parce qu’elles n’avaient plus le temps.
Parce qu’elles culpabilisaient.
Parce qu’elles pensaient qu’il y avait plus important.
Je leur réponds souvent avec le sourire :
“Et si justement c’était important ?”
Prendre une heure pour faire quelque chose qui nous nourrit n’est pas une perte de temps.
C’est souvent une façon de recharger nos batteries.
Et nous en avons tous besoin.
Troisième pilier : les relations qui nous élèvent
S’il y a une chose que la vie m’a apprise, c’est que nous ne sommes pas faits pour avancer seuls.
Nous avons besoin des autres.
Pas forcément d’un grand cercle d’amis.
Pas de centaines de contacts.
Mais de quelques personnes auprès desquelles nous pouvons être pleinement nous-mêmes.
Des personnes avec qui nous pouvons dire :
“Aujourd’hui, je n’y arrive plus.”
Sans avoir peur d’être jugé.
Dans mon cabinet, je remarque quelque chose de frappant.
Plus une personne va mal…
Plus elle a tendance à s’isoler.
Elle répond moins aux messages.
Elle refuse les invitations.
Elle pense qu’elle dérange.
Elle garde tout pour elle.
Alors que c’est précisément dans ces moments-là que nous avons besoin d’être entourés.
Mais il y a une autre réalité.
Toutes les relations ne nous font pas du bien.
Certaines nous donnent de l’énergie.
D’autres nous en prennent énormément.
Apprendre à reconnaître cette différence est parfois un véritable tournant.
Parce que prendre soin de soi, c’est aussi accepter que l’on ne peut pas être disponible pour tout le monde.
J’ai moi-même eu du mal avec cela.
J’avais l’impression que dire non revenait à décevoir.
Aujourd’hui, je vois les choses autrement.
Dire non à certaines sollicitations, c’est parfois dire oui à son propre équilibre.
Et cela ne fait pas de nous quelqu’un d’égoïste.
Cela fait simplement de nous quelqu’un qui prend soin de ses ressources.
Les deux derniers piliers qui transforment durablement notre équilibre
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que vous avez déjà découvert les trois premiers piliers du modèle PERMA.
Nous avons vu que notre cerveau est naturellement programmé pour repérer ce qui ne va pas.
Je vous ai aussi partagé une partie de mon histoire personnelle, celle qui m’a amenée à découvrir la psychologie positive.
Puis nous avons exploré les trois premiers piliers qui nourrissent durablement notre bien-être :
- les émotions positives ;
- l’engagement dans ce que nous faisons ;
- les relations qui nous font grandir.
J’aime beaucoup ces trois premiers piliers parce qu’ils nous invitent à ralentir, à observer autrement notre quotidien et à remettre un peu plus de conscience dans notre vie.
Mais les deux derniers sont probablement ceux qui me touchent le plus.
Parce qu’ils répondent à deux questions profondément humaines.
Pourquoi est-ce que je fais tout cela ?
Et…
Est-ce que je reconnais vraiment la personne que je suis devenue ?
Je retrouve très souvent ces questions chez les personnes que j’accompagne.
Chez une maman qui a tellement pris soin de ses enfants qu’elle ne sait plus ce qu’elle aime.
Chez un dirigeant qui a construit son entreprise mais qui ne sait plus pourquoi il travaille autant.
Chez une personne qui traverse un burn-out et qui me dit :
“J’ai l’impression de ne plus savoir qui je suis.”
Au fond, nous avons tous besoin de sentir que notre vie a du sens.
Et que les efforts que nous faisons chaque jour comptent réellement.
Quatrième pilier : retrouver du sens
Pendant longtemps, je pensais que le sens se trouvait uniquement dans notre métier.
Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas vrai.
Le sens peut se cacher partout.
Dans une discussion avec son enfant.
Dans un repas partagé.
Dans une promenade.
Dans une association.
Dans un projet qui nous fait vibrer.
Dans un métier.
Dans une passion.
Dans le fait de transmettre.
Ou simplement dans le fait de devenir une personne plus alignée avec ses valeurs.
Je remarque souvent qu’avant un burn-out, ou pendant une période de grande fatigue émotionnelle, les personnes me disent toutes à peu près la même chose.
“Je fais les choses parce qu’il faut les faire.”
Cette phrase me touche toujours.
Parce qu’elle montre à quel point nous pouvons parfois vivre en pilote automatique.
Nous nous levons.
Nous travaillons.
Nous gérons les enfants.
Les courses.
Les rendez-vous.
Les papiers.
Les imprévus.
Les journées s’enchaînent.
Les semaines aussi.
Puis un jour…
On se rend compte que l’on avance.
Mais que l’on ne sait plus vraiment pourquoi.
Alors je pose une question.
Une question toute simple.
Qu’est-ce qui est important pour vous aujourd’hui ?
Pas pour votre employeur.
Pas pour votre famille.
Pas pour vos amis.
Pour vous.
Le silence s’installe souvent.
Parce que cela fait parfois des années que personne ne leur a posé cette question.
Et encore moins qu’elles se la sont posée elles-mêmes.
Je trouve ces instants magnifiques.
Parce que les réponses finissent toujours par arriver.
Pas immédiatement.
Mais elles sont là.
Elles attendaient simplement qu’on leur laisse un peu de place.
Cinquième pilier : reconnaître ses réussites
Je crois que c’est probablement le pilier le plus difficile.
En tout cas, c’est celui avec lequel beaucoup de personnes que j’accompagne ont le plus de mal.
Je vais vous poser une question.
Quand avez-vous pris le temps de vous dire : “Je peux être fier de moi.” ?
Pas parce que quelqu’un vous a félicité.
Pas parce que vous avez obtenu une promotion.
Simplement parce que vous avez avancé.
Nous avons une incroyable capacité à minimiser nos progrès.
Nous voyons immédiatement ce qu’il reste à faire.
Ce que nous aurions pu mieux faire.
Nos erreurs.
Nos imperfections.
Mais nous oublions complètement le chemin parcouru.
Je le vois régulièrement au cabinet.
Une personne arrive et me dit :
“Je n’avance pas.”
Alors nous reprenons ensemble les semaines passées.
Elle dort mieux.
Elle recommence à sourire.
Elle ose dire non.
Elle reprend une activité.
Elle se remet à marcher.
Elle accepte enfin de demander de l’aide.
Et pourtant…
Elle est persuadée de ne pas avancer.
Pourquoi ?
Parce que son regard reste fixé sur la destination.
Pas sur le chemin.
Et je crois que nous faisons tous cela.
Nous attendons de vivre un immense changement.
Alors que notre vie se transforme grâce à une multitude de petits pas.
Je suis convaincue que reconnaître ses réussites n’a rien à voir avec l’ego.
C’est simplement reconnaître les efforts que nous faisons.
Et cela change énormément de choses.
Pourquoi la psychologie positive occupe une place si importante dans ma vie
J’aimerais terminer cet article en vous partageant quelque chose que je raconte rarement.
Lorsque je découvre la psychologie positive, je ne cherche pas une nouvelle formation.
Je cherche à me retrouver.
À cette période de ma vie, je suis en pleine reconstruction.
Je viens de refaire ma vie avec celui qui est aujourd’hui mon mari.
À nous deux, nous formons une famille recomposée de cinq enfants.
Une belle aventure.
Mais aussi une aventure complexe.
Comme beaucoup de familles recomposées, nous devons trouver notre équilibre.
Chaque enfant arrive avec son histoire.
Ses blessures.
Ses habitudes.
Ses émotions.
Nous apprenons tous à trouver notre place.
À cela s’ajoutent des relations parfois très compliquées avec certains anciens conjoints.
Des tensions.
Des incompréhensions.
Des comportements manipulateurs.
Des conflits de loyauté vécus par les enfants.
Et au milieu de tout cela…
Moi.
Je fais ce que beaucoup de femmes font.
Je tiens.
Je gère.
Je rassure.
Je prends soin de tout le monde.
Et je m’oublie complètement.
Petit à petit, je ne sais plus vraiment qui je suis.
Je fonctionne.
Je survis.
Mais je ne vis plus vraiment.
C’est dans ce contexte que la psychologie positive entre dans ma vie.
Et je peux vous dire une chose.
Elle arrive au bon moment.
Je pensais y trouver quelques outils.
J’y découvre bien davantage.
Je découvre que prendre soin de moi n’est pas une preuve d’égoïsme.
Je découvre que je peux reconnaître mes qualités sans être prétentieuse.
Je découvre que mes émotions ont toutes leur place.
Je découvre que je possède des ressources que je ne voyais plus.
Petit à petit…
Je recommence à me retrouver.
Je retrouve mes valeurs.
Je retrouve mes envies.
Je retrouve mes projets.
Je retrouve la femme que j’avais un peu oubliée en chemin.
Je ne vais pas vous dire que tout devient simple.
Ce serait faux.
Les difficultés continuent d’exister.
La vie continue de nous mettre à l’épreuve.
Mais je ne traverse plus ces épreuves de la même façon.
Et c’est toute la différence.
Aujourd’hui, si la psychologie positive est au cœur de chacun de mes accompagnements, ce n’est pas uniquement parce que je l’ai étudiée.
C’est parce qu’elle m’a aidée à me reconstruire.
Elle m’a appris à porter un regard plus juste sur moi-même.
À reconnaître mes forces.
À accepter mes fragilités.
À comprendre que nous pouvons être profondément blessés… tout en continuant à grandir.
C’est aussi pour cette raison que j’ai créé la Réflexo Positive®.
Parce que je suis convaincue que nous ne pouvons pas séparer le corps et l’esprit.
Lorsque notre mental souffre, notre corps nous parle.
Lorsque notre corps retrouve de l’apaisement, notre esprit redevient disponible pour avancer.
C’est cette approche globale que je souhaite transmettre aujourd’hui.
Je ne promets jamais une vie sans difficultés.
Je promets simplement un accompagnement pour aider chacun à retrouver les ressources qu’il possède déjà.
Parce qu’elles sont là.
Même lorsque nous avons l’impression de les avoir perdues.
Si je devais vous laisser avec une seule idée…
Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cet article, ce serait celle-ci.
La psychologie positive ne nous demande pas de voir la vie en rose.
Elle nous invite à regarder notre vie dans son ensemble.
À accueillir les difficultés.
Mais aussi à reconnaître nos forces.
Nos réussites.
Nos relations.
Nos valeurs.
Nos ressources.
Parce que nous sommes tellement plus que ce qui nous arrive.
Alors j’aimerais vous laisser avec une dernière question.
Et si, aujourd’hui, vous décidiez de porter sur vous-même le même regard bienveillant que celui que vous portez si facilement sur les personnes que vous aimez ?
Je suis convaincue que c’est souvent là que commence le véritable changement.

